Compte rendu de reproduction de Tapinauchenius sp. Equateur

Introduction

Les espèces du genre TAPINAUCHENIUS sont relativement bien connues des éleveurs de mygalomorphes. Ainsi, on rencontre fréquemment dans les élevages T. gigas, T. purpureus, T. plumipes ainsi que l’espèce en question. N’ayant pu lire de description fiable de l’espèce, je me bornerai à l’appeler Tapinauchenius sp. Equateur, bien qu’ayant vu certaines annonces du G.E.A la dénommer comme "Tapinauchenius equator. Les spécialistes de la systématique se feront, je me doute, un plaisir de me renseigner. A l’époque, j’élevais un groupe de 5 individus que je m ‘étais procuré auprès de Jean-Baptiste CULOT du G.E.A. Il s’agissait de mygalons nés chez lui en mai 1997. Deux ans plus tard, en avril 1999, j’obtenais les premiers mâles adultes sur ce groupe. Il s’agit de mâles de petite taille : un des spécimens dont j’ai naturalisé le cadavre ne mesure que 10 cm d’envergure pour un corps d’environ 3 cm.


L'accouplement

Ce mâle est donc présenté à une femelle le 14 mai 1999. La présentation entre les deux sexes se fait dans un gros pot en verre où est logée la femelle. Les dimensions réduites de cette espèce ne justifiant pas, en effet, d’un grand terrarium. Le mâle n’est ni nerveux ni agressif lorsque, à l’aide d’une baguette, je le fais sortir de son pot pour l’amener au niveau de celui de la femelle. Ses déplacements sont néanmoins parfois très rapides et il convient d’être sur ses gardes. Pour commencer, il arpente le pot en verre sur le tour pour finir enfin au niveau de l’ouverture. Il rentre alors précautionneusement dans celui-ci, et après y avoir senti la toile de la femelle, il commence à être agité de tremblements. La femelle réagit vite aux appels et sort de son nid qu’elle a tissé entre une grosse écorce et la paroi du bocal. Elle se positionne sur l’écorce et appelle le mâle à son tour. Les échanges durent deux à trois minutes avant que la femelle ne monte vers le mâle et que le contact se fasse au niveau des pattes numéro 1. Le mâle reste sur ses gardes. Il recule pour se placer sur le bord du récipient. Il refuse de rentrer plus à l’intérieur alors que la femelle l’y invite. Mais il continue à l’appeler, parfois en redonnant quelques vibrations sur la toile, parfois en touchant la femelle du bout de ses pattes. A noter le mouvement caractéristique des pattes numéro 1 qui battent l’air un peu comme des ailes. La femelle finit par se retrouver sur le sommet du bocal. Le mâle consent alors à y rentrer très prudemment et procède alors à un accouplement très rapide, voir brutal : la pénétration se produisant d’un coup. Puis, chacun repart de son côté sans aucune agressivité ! Les deux parties sont remises en place dans leurs habitats respectifs. La femelle refusera totalement le mâle lors d'une nouvelle présentation 5 cinq jours plus tard…

Le cocon

Elle s’alimente correctement de plusieurs petites Blabera fusca dans les semaines qui suivent puis, roule un cocon de petite taille pendant mon absence dans la première semaine de juillet. Le cocon est soigneusement gardé et incube à température de la pièce d’élevage soit 25/27° C. Le 09/09/1999, les premières larves sont aperçues en train d’arpenter le cocon. Il est alors isolé et placé en incubateur où je dénombrerai au final 46 jeunes. Ces derniers sont placés après la première mue dans des pots en verre par groupe de 5 et y cohabiteront pendant les 3-4 premiers stades. Quelques pertes au départ sont dues à des problèmes d’alimentation : l’asticot et même les mouches sont difficilement acceptés par les nouveaux nés assez craintifs. A ce sujet, j’ai connu les mêmes désagréments avec T.gigas et T.purpureus. Il semble préférable d’alimenter ce genre de jeunes avec du micro-grillons ou des drosophiles. Le cannibalisme ne semble par contre pas de règle et l’espèce est assez résistante. Les jeunes semblent peu amateurs de lumière naturelle, une bonne humidité (80%) et une bonne aération sont nécessaires. L’espèce grandit plutôt rapidement puisque j’ai obtenu des mâles adultes en deux ans.

Prologue

Il s’agit donc d’une espèce dont la reproduction ne pose pas de problèmes particuliers. Pourtant, Tapinauchenius sp. Equateur n’est pas très populaire chez les éleveurs. Peut être du fait de ses petites dimensions et de sa coloration assez terne, entièrement marron cuivré. Je souhaite malgré tout autant de chance aux autres éleveurs qui seront tentés par la reproduction de cette mygale.

Guillaume Bosch

Le 20/08/2001


©G.E.A. 2010
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