Introduction
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Argiope bruennichi, appelée communément « épeire fasciée », est une des plus belles orbitèles françaises. Son aire de répartition est principalement l’Ouest et le Sud de la France, ailleurs elle est tout de même moins courante, voire pratiquement absente suivant les localités. Pourtant, si certaines conditions sont réunies, on peut en apercevoir plus d’une dans le Nord-Est en cherchant un peu.
Biotopes
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2 femelles adultes trouvées en Août à proximité du village de Chesny ; là se trouve une grande forêt et à côté de celle-ci, de vastes étendues de cultures. Les spécimens ont été vus à la lisière du bois, où se trouve une étendue herbacée d’environ 200 mètres de long sur 10 mètres de large qui sépare la forêt des champs. Un petit marais permanent se trouve également à cet endroit. L’ensoleillement est d’environ 60 %.
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1 femelle adulte aperçue à mi-octobre sur les hauteurs d’Arnaville dans une grande prairie herbacée. L’ensoleillement est quasi-permanent. La faune arthropodique est très variée et comprend de nombreuses espèces d’Orthoptères. Elle est d’ailleurs étonnamment abondante à cette période de l’année.
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1 femelle gardant son cocon observée au même moment sur la côte de Delme, à mi-hauteur (200-250 mètres), à proximité de Liocourt. Le site est aussi très exposé au soleil. La végétation est plutôt basse et herbacée, la flore variée et de nombreux insectes s’y trouvent aussi à cette période.
Ces 3 endroits sont situés à respectivement 10, 20 et 25 km au sud de Metz.
Observation des individus
Argiope bruennichi est la plus grande orbitèle de nos régions. La taille des individus atteint facilement 15 mm sans les pattes, il y en a même qui approchent les 20 mm. Ces prédatrices, avec d‘autres Araneidés principalement du genre Araneus (comme par exemple A. quadratus, autre grande orbitèle observée aux mêmes endroits), jouent un rôle important dans la régulation de certains insectes dans leurs domaines. En effet, toutes ces araignées construisent leurs résistantes toiles circulaires à environ 20-30 centimètres du sol entre les herbes; Or à chaque fois, on trouve une grande quantité d’Orthoptères dans ces biotopes et beaucoup tombent dans le piège en bondissant entre les végétaux. L’Argiope étant très vivace, les proies sont emmaillotées et mordues en un clin d’œil et rares sont celles qui lui échappent.
Notre araignée est facilement visible si on regarde la végétation basse avec un peu d’attention, car toujours aux aguets au centre de sa toile. Cette dernière ne comporte d’ailleurs pas de retraite avec fil conducteur comme le genre Araneus et se reconnaît aisément grâce à son stabilimentum, sorte de bande de soie renforcée en zigzag s’étendant de part et d’autre du centre sur quelques centimètres.
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Chez l’Argiope, le cocon est solidement attaché sur une plante ou un enchevêtrement d’herbes à proximité de la toile; j’ai pu d’ailleurs constater que la femelle qui le surveillait n’avait plus son piège en spirale. Il faut croire qu’après sa ponte, elle ne se nourrit plus et se contente de garder sa future progéniture en attendant de mourir.
L’enveloppe du cocon est résistante et rigide, cela fait un peu penser à une boule de papier bruni d’environ 3 cm. C’est ce qu’on appelle la soie papyracée. Il est fait ainsi pour protéger les oeufs des intempéries jusqu’à éclosion au printemps. Le cycle complet de cette araignée est certainement de 2 ans dans nos régions du fait d’un climat frais et humide pendant une bonne partie de l’année. Il faut signaler que dans le midi l’incubation des oeufs est moins longue et que ces araignées sont adultes en moins d’un an et souvent plus grandes. Sur les 4 spécimens, les 2 d’Arnaville et Liocourt étaient encore en vie fin Octobre, alors que ceux de Chesny n’étaient plus visibles depuis le début du même mois. De même, il n’y avait plus beaucoup d’insectes non plus à cet endroit (plus ombragé et humide que les 2 autres biotopes).
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Conclusion
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Observer cette belle araignée est possible par ici à condition de trouver le biotope approprié: une prairie à végétation basse, ensoleillement prononcé et à dominante de ses proies favorites sur une période assez étalée. Je pense que Septembre est le mois idéal pour l’apercevoir, bien que des adultes se trouvent encore plus tard sur certains sites, comme j’ai pu m‘en rendre compte. Il est intéressant de constater que 2 des 3 endroits sont des côtes calcaires, lieux réputés pour abriter une flore variée et bon nombre d’arthropodes.

