INTRODUCTION :
Il y a 4 ans, pour la serre tropicale ouverte au public où je travaillais comme entomologiste, je recevais 3 colonies d'Oecophylla longinoda, fourmis tisseuses du Gabon. Je voulais montrer au public, ces extraordinaires fourmis après leur avoir présenté les fourmis champignonnistes de Guadeloupe, Acromyrmex octospinosus.
Après l'installation des insectes, j'inspectais minutieusement les branches de la plante sur laquelle les fourmis avaient fait leur nid , et qui m'avait été expédiée en l'état. A coté des nids des fourmis, il y avait de nombreuses petites coques (8) de soie blanche, typique de la soie d'araignées. J'en ouvris une, à l'interieur était logée une petite araignée ressemblant aux fourmis, avec son cocon. Je determinais cette araignée, comme Myrmarachne foenisex Simon, de la famille des Salticidae.
DESCRIPTION :
Petite salticidae de 6mm (pour la femelle), entièrement jaune paille. Le prosoma est long, sa partie céphalique est arrondie, sa partie thoracique est plus longue que le groupe oculaire. Les yeux antérieurs sont contigus; le groupe oculaire est plus large que long. Les chélicères de la femelle sont convexes, dilatées arrondies à la base interne, où elles sont contiguës, ensuite atténuées et un peu divergentes. L'opistosoma est étroit presque cylindrique, il est attaché par un pédicule visible au-dessus. Les pattes sont fines et cylindriques, mais leurs fémurs sont dilatés et subclaviformes à la base. Les pattes de la quatrième paire sont beaucoup plus longues que celles de la première. Le fémur de la patte machoire de la femelle est comprimé, sa patella est aplanie, son tibia et son tarse aplanis en dessus et juxtaposés par une souture droite sont dilatés. Le mimétisme de ces araignées avec les fourmis est extraordinaire, tant par la forme, l'allure et la coloration.
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| Une espèce voisine d'Australie, Myrmarachne striatipes (avec l'autorisation de Ed Nieuwenhuys web : http://www.xs4all.nl/~ednieuw/Spiders/spidhome.htm) |
COMPORTEMENT :
J'ai compté 25 œufs dans la coque. Les coques étaient distantes de 5 cm les unes des autres, ce qui pourrait indiquer une bonne sociabilité.
Les araignées sortaient le matin très tôt avant les fourmis. Elles ne se nourrissaient pas de fourmis, avaient l'air craintif et fuyaient tout contact direct avec les fourmis.
Que mangeaient-elles ?
J'avais remarqué à une extrémité d'une branche du Costus sp (Zingibéracée) qui regroupait les nids d'Oecophylla, un petit groupe de pucerons exploités par les fourmis. Ces pucerons étaient farouchement gardés par celles ci. Les fourmis abandonnaient la garde de ces pucerons dans la soirée pour la reprendre le matin vers les 8 heures quand la température commence à s'élever.
Les Myrmarachne sortaient de leur coque le matin très tôt pour capturer les pucerons. Je ne sais pas si dans la nature, les araignées se nourrissent uniquement de pucerons, mais en élevage et tant qu'elles restaient sur les branches de Costus avec les fourmis, elles s'en nourrissaient et exclusivement. J'ai retiré 2 coques d'araignées de l'ensemble d'élevage pour les élever à part dans un petit vivarium, elles boudèrent toutes les proies que je leur fournissais, même les pucerons.
En dehors de leur biotope, les araignées se laissèrent mourir de faim. J'ai également constaté que plusieurs générations d'araignées habitaient dans les coques. La femelle doit faire plusieurs pontes dans sa vie et les jeunes de plusieurs tailles cohabitent apparement sans problème.
Les jeunes devaient mourir assez rapidement faute de proies à laur taille, et les adultes devaient leur survivre encore un mois.
L'étude de l'éthologie de cette araignée montre sa tendance à la sociabilité. Il faudrait pouvoir l'observer dans son biotope original pour la confirmer.
