A propos d'Ischnocolus, une mygale européenne

(Cet article a initialement été publié aux Editions Arachnides).

INTRODUCTION :

    Ischnocolus est le seul genre de la famille des Theraphosidae présent en Europe, à l'exception de Chypre où l'on trouve également Chaetopelma. A ce titre et aussi parce qu'il est le genre type d'une sous-famille rarement rencontrée en collection, j'avais rassemblé la maigre documentation disponible sur le sujet.

    Clairement il devenait évident que si je voulais trouver des spécimens d'Ischnocolus il fallait orienter les recherches vers le Maroc (I. maroccanus, mogadorensis, hancocki), la Tunisie (I. fuscostriatus, tunetanus), la Sicile (I. triangulifer) ou encore l'Espagne (I. holosericeus, valentinus, andalusiacus).

    C'est dans ce dernier pays, au cours de vacances dans la région de Malaga que je débusquais mes premiers Ischnocolus.

1 - A PROPOS D'ISCHNOCOLUS :

    C'est Anton Ausserer (Ausserer, 1871) qui, le premier, a décrit Ischnocolus. Le nom de ce genre est basé sur des racines grecques qui signifient membres fragiles, délicats. Certaines espèces du genre étaient déjà connues depuis fort longtemps puisque Léon Dufour (Dufour, 1820) et le baron Charles Athanasie Walckenaer (Walckenaer, 1837) avaient décrit en leur temps des araignées qui ont depuis été attribuées à ce genre.

    L'apport de Ausserer a donc été de jeter les bases de ce nouveau genre. Initialement il était constitué de deux sous genres, d'une part Ischnocolus et d'autre part Chaetopelma.

    Ischnocolus se déclinait alors comme suit :

    « Céphalothorax ovale, peu bombé, avec une fovéa plus ou moins distincte. – Yeux ramassés, sur un tumulus modérément haut. Les yeux médians antérieurs situés si profond qu'une droite issue de leur base vers les yeux latéraux couperait ceux-ci. – Mandibules faibles, comprimées sur les côtés, un peu plus longues que la largeur des deux ensembles à leur base, revêtues plutôt densément de crins. – Crochets longs et fins. – Maxillae un peu plus longue que larges, pourvues de cuspules à la base contre le labium. – Pattes 4, 1, 2, 3, la 4ème paire distinctement plus longue que la première. – Tous les tibias et métatarses armés d'épines longues, plutôt nombreuses (I. inermis fait exception). – Tous les tarses, de même que les métatarses des 3 premières paires sont pourvus de scopulas, lesquelles (particulièrement notable sur les tarses III et IV) sont divisées par une bande longitudinale plutôt large de crins épineux, fins et couchés. – Abdomen plus long et la plupart du temps plus étroit que le céphalothorax.

    Nous divisons ce genre dont on ne connaît que des représentants de l'ancien monde, en 2 sous-genres.

    1. Subgenus Ischnocolus

    Céphalothorax ovale oblong, avec une fovéa transversale peu profonde ; ce sillon est rarement profond, mais jamais courbé vers l'avant. – Yeux médians antérieurs situés si profond qu'une droite issue de leur base vers les latéraux couperait ceux-ci en leur milieu ou en dessous. – Labium seulement moitié aussi long que large à la base. – Sternum joliment arrondi, sans sigilla. 2 griffes, chez le mâle pourvues de deux rangées de dents, dissimulées derrière 2 fascicules unguéaux denses. Tibia I du mâle sans éperon.

    2. Subgenus Chaetopelma

(crin et semelle)

    Céphalothorax ovale large, très peu bombé. Partie céphalique longue, large à l'avant, pas beaucoup plus haute que le thorax, séparé du thorax par une impression plutôt profonde. – Fovéa très profonde, grande, légèrement incurvée vers l'arrière. Sillons radiaux peu profonds, distincts cependant. – Tumulus oculaire haut, yeux médians antérieurs si haut qu'une droite issue de leur base vers les latéraux, couperait ces derniers dans leur tiers supérieur. Mandibules et maxillae comme chez Ischnocolus. – Labium aussi long que large. – Sternum avec des sigilla distincts, face au points d'insertion des hanches. – Tibia I du mâle avec 2 éperons courbes. »

    C'est bien évidemment dans le sous-genre Ischnocolus que sont regroupées les espèces qui appartiennent aujourd'hui au genre du même nom.

    Cinq ans plus tard A. Ausserer (Ausserer, 1875) ajoute un troisième sous-genre, il s'agit de Hapalopus qui lui, est du nouveau monde.

    Entre 1875 et 1892, année ou est publiée « l'Histoire naturelle des Araignées » aucune publication ne vient modifier la classification établie par l'arachnologue autrichien. Eugène Simon (Simon, 1892), range Ischnocolus, qu'il considère comme un genre entier et distinct de Chaetopelma et d'Hapalopus dans le groupe des Ischnocoleæ de la sous-famille des Aviculariinae, groupe qu'il base sur la division des scopulae tarsales :

Clé des groupes - extrait - Simon 1892:

 

1.

Scopulæ tarsorum (saltem posticorum) linea setosa longitudinaliter sectæ

  2

 

Scopulæ tarsorum intergræ

5

2.

Scopulæ tarsorum cunctorum sectæ

  Ischnocoleæ

 

Scopulæ tarsorum posticorum tantum sectæ

3

    Il réunit dans ce groupe tous les genres dont les tarses des quatre paires de pattes sont divisés par une bande de crins. Conscient de l'hétérogénéité du groupe qu'il a ainsi créé il y place néanmoins : Solenothele, Mitothele, Tmesiphantes, Magulla, Dryptopelma, Ischnocolus et Cratorrhagus.

Tarse d'Ischnocolus en dessous d'après Simon, 1892

    Il différentie Ischnocolus des deux premiers sur la base de la longueur des filières supérieures qui sont particulièrement longues chez Solenothele* et Mitothele**, et en tout cas plus longues que la moitié de la longueur de l'abdomen. Dryptopelma et Magulla sont distingués de Ischnocolus par des scopulae peu denses, divisées par une ligne étroite peu marquée sur les tarses antérieurs, par des bandes de crins très larges sur les tarses postérieurs (près de la largeur du tarse) et par un sternum aussi large que long. Simon différentie Dryptopelma d'Ischnocolus et de Cratorrhagus par un mamelon oculaire très convexe, par des yeux antérieurs disposés sur une ligne très procurvée et rapprochés les uns des autres et par un labium plus large que long. Enfin, Simon distingue Ischnocolus de Cratorrhagus par la forme de l'aire oculaire qui est plus ou moins rectangulaire et par l'absence chez le mâle d'éperons tibiaux sur le tibia de la première paire de pattes, lequel est légèrement comprimé et armé d'épines nombreuses.
    * = Heterothele
    ** ce genre auquel est rattaché l'espèce unique Microthele caudicula de Patagonie, est plutôt douteux.

    En 1903, dans sa nouvelle version de « Histoire naturelle des araignées », E. Simon enrichit sa classification des Aviculariinae en accordant l'importance qu'il mérite à l'organe de stridulation. Cette prise en compte est due essentiellement aux différents travaux de Reginald Pocock.
    C'est sur cette base qu'il redéfinit ses différents groupes. Celui des Ischnocoleæ se caractérise ainsi justement par son absence d'organe de stridulation :

Clé des groupes - extrait - Simon 1903:

 

8.

Scopulæ tarsorum, saltem posticorum, linea setosa sectæ. Organum stridulum nullum vel rarissime (Cyrtopholis) in trochantere situm

  Ischnocoleæ

    La division des scopulae tarsales des pattes antérieures et intermédiaires revêt dans cet ouvrage beaucoup moins d'importance qu'auparavant. De son aveu même ce caractère est souvent « peu appréciable et toujours très variable avec l'âge ».
    Le groupe des Ischnocoleæ est ainsi constitué de tous les Aviculariinae dont les scopulae tarsales de la 4ème paire de pattes sont divisées par une bande de crins et dont les pattes sont armées de nombreuses et fortes épines, surtout aux métatarses postérieurs. Par ailleurs, à une exception près les genres qui le composent ne portent pas d'appareil de stridulation. Ce groupe comprend alors 28 genres répartis auparavant dans les groupes des Ischnocoleæ, Chætopelmateæ et Crypsidromeæ. Il compte des genres présents en Europe, en Asie et sur le continent américain.

    Du genre Ischnocolus il donne en 1903 une définition très précise qui reste encore d'actualité :
    « Ce genre doit être réduit aux espèces de la région méditerranéenne (I. triangulifer Auss., andalusiacus E. Sim., algericus Thorell, tunetanus Pavesi, etc.) et de la région éthiopienne (I. Jickelii L. Koch)…
    Dans les vrais Ischnocolus, la pièce labiale, plus large que longue, est garnie de denticules petits, espacés, irréguliers, occupant rarement toute sa largeur, tandis que la hanche de la patte-mâchoire offre à la base un groupe de denticules semblables beaucoup plus serrés.
    Les tibias antérieurs du mâle n'ont point d'éperon, mais ils sont armés en dessous de nombreuses et fortes épines : généralement, dans la moitié apicale, 4 internes unisériées, dont la dernière (représentant l'éperon) est un peu courbe, et, dans la moitié basale, 4 à 10 épines irrégulières ou bisériées.
    Le tarse de la patte-mâchoire est prolongé en point obtuse, au moins aussi longue que le lobe du bulbe et pourvue à l'extrémité de fascicules scopulés analogues à ceux des pattes ; il est cependant bilobé comme dans tous les autres genres de la sous-famille, mais son lobe interne est beaucoup plus court que l'externe ; le bulbe est assez petit, déprimé, prolongé en longue pointe résupinée aigüe. »

Palpe et bulbe du mâle par le côté interne d'après Simon, 1903

Tibia de la première patte du mâle en dessous d'après Simon, 1903

    Le travail de Berta S. Gershman de Pikelin et Rita D. Schiapelli (1973) ne modifie pas fondamentalement la définition qu'en donne Simon, il faut attendre Raven (1985) pour voir apparaître un caractère plus significatif d'un point de vue taxonomique :

« 1.

Embolus distally filiform and without distal keels or paraembolic apophysis

  2

  2.

Clypeus narrow or absent

  4

  4.

Tibia of male palp with ventral sigmoid depression ; North Africa, Mediterranean region.

  »

    Ces caractères : la présence d'une dépression sigmoïde sur le tibia du palpe du mâle, un embolus filiforme dans sa partie distale, sans carène ni apophyse ainsi que l'étroitesse ou l'absence du clypeus doivent être liés aux caractères qui définissent le groupe II de Raven. Ces caractères sont : l'absence d'organe de stridulation et la division de la scopula tarsale de la deuxième paire de pattes.

    Enfin A. Smith (1985) donne un peu succinctement les clés suivantes pour Ischnocolus :
    « Scopulae of at least the tarsal segment of leg 4, divided by a band of setae. Tarsal scopulae of all legs divided. »

    Dans son ouvrage « Baboon Spiders, Tarantulas of Africa and The Middle East » Andrew Smith établit les clés génériques suivantes :

1.

Pas d'organe de stridulation.

2.

Scopulae tarsales de toutes les pattes divisées par une bande de setae variable.

3.

Clypeus - modérément large ou étroit mais pas absent comme chez Plesiophrictus et Neoplesiophrictus.

4.

Tarse du mâle avec une dépression sigmoïde ventrale.

5.

Eperon tibial absent.

6.

Bulbe palpal - l'embolus a tendance à être long, courbe et effilé sans carène.

7.

Fovéa - transverse ou légèrement procurvée.

8.

Epines, tibias et métatarses des pattes 3 et 4 pourvus de nombreuses épines.

9.

Bosses labio-sternale présentes sur la suture entre le labium et le sternum.

    On peut noter que bizarrement, la dépression sigmoïde constatée par Raven sur la face ventrale du tibia du palpe du mâle n'apparaît pas dans cette énumération de clés mais qu'en revanche cette dépression apparaît sur le tarse. Ne s'agit-il pas d'une confusion de la part de Smith ? Il est cependant parfaitement exact que le tarse du mâle est pourvu d'une dépression ventro-dorsale. Dans son illustration Bacelar fait clairement apparaître cette dépression sigmoïde :

Palpe de Ischnocolus andalusiacus d'après Bacelar 1932a

Groupe oculaire Ischnocolus andalusiacus d'après Bacelar 1932a

2 - LES ISCHNOCOLUS D'ESPAGNE :

    Trois Ischnocolus ont été officiellement rapportés d'Espagne, Ischnocolus valentinus (Dufour, 1820), Ischnocolus holosericeus (L. Koch dans Ausserer, 1871) et Ischnocolus andalusiacus (Simon, 1873). Ces trois espèces sont clairement répertoriées dans les catalogues de Bonnet et de Roewer et apparaissent également dans les travaux de Smith (1985 et 1990). Ce dernier semble avoir négligé les articles de Bacelar (1932a et 1932b), pourtant dûment indexés dans le catalogue de Bonnet. Les descriptions de ces trois espèces sont jointes en annexe.

    Si ce n'était sa grande taille, la Mygale valencienne de Dufour pourrait correspondre à l'Avicularia andalusiaca d'Eugène Simon. Certains auteurs (Galiano par exemple) avaient pu penser que cette première espèce, au vu de sa description pouvait être une Macrothele, calpetana par exemple. Or, il est parfaitement clair dans l'esprit de Dufour qu'il ne peut y avoir confusion : « Elle se distingue surtout de la M. Calpéienne de Walckenaer et Latreille par ses filières beaucoup plus courtes… ». Bacelar (1932a) confirme qu'il ne peut s'agir de Macrothele en raison des filières qui sont « d'une médiocre longueur ».
    Par ailleurs la description de Dufour est assez succincte et n'offre aucune caractéristique susceptible d'infirmer ou de confirmer la synonymie entre les deux espèces. La grande différence de taille ne saurait à elle seule garantir l'existence de deux espèces distinctes. Il est bien connu que chez les Theraphosidae, les mâles peuvent avoir des tailles bien différentes au sein d'une même espèce. D'autre part parmi tous les mâles d'Ischnocolus que j'ai pu rencontrer dans la nature ou qui ont atteint le stade adulte en captivité, les variations de taille pouvaient, entre le mâle le plus petit et le plus grand, dépasser les 50%. Pour compléter cette remarque il faut ajouter qu'en plus, la très grande majorité d'entre eux provenaient du même site de collecte. On peut facilement imaginer des variations de taille moyenne au sein de populations distinctes.

    Bacelar (1932b) propose la synonymie entre les deux espèces et je partage cette opinion car je ne relève aucun point fondamentalement différent entre les descriptions de Dufour et de Simon.
    Pour Ausserer (1871) la différence essentielle entre I. valentinus Dufour et son holosericeus réside d'une part dans les taches obliques de l'abdomen et d'autre part dans la chétotaxie du métatarse 1. Or, après avoir examiné plusieurs spécimens que je détiens en captivité je peux témoigner que ces taches apparaissent de plus en plus nettement avec la proximité de la mue et avec la disparition progressive de la pilosité dorsale. A tel point que chez les mâles ces taches sont peu ou pas visibles. L'Ischnocolus valentinus a justement été décrit d'après un mâle. Quant à la chétotaxie du métatarse 1 elle ne peut que différer entre la femelle de Ausserer et le mâle de Dufour.

    Ausserer (1875) avoue d'ailleurs ne pas savoir très bien comment différentier les espèces I. holosericeus et I. valentinus :

    « Die dunklen Schiefflecken sind wohl nur an abgeriebenen Stellen bemerkbar, nicht von der Behaarung, sondern von der Färbung der Haut herrührend, wie das aus Betrachtung mehrerer Exemplare aus Carthagena und Malaga, mitgetheilt durch Rev. O. P. Cambridge deutlich hervorgeht.
    Genauere Vergleichchung zahlreicher, erwachsener Thiere wird zeigen, ob I. triangulifer Dol. und holosericeus L. K. nicht zu I. valentinus L. Dufour zu ziehen sind. »
    Que je traduis comme suit :
    Les taches sombres en biais ne sont visibles probablement qu'aux endroits râpés, elles proviennent de la couleur de la peau et non de celle des poils, comme l'examen de plusieurs exemplaires de Carthagène et Malaga l'a montré au Rev. O.P. Cambridge. Des comparaisons plus détaillées de nombreux animaux adultes vont montrer s'il ne faut pas transférer I. triangulifer Dol. et holosericeus L.K. vers I. valentinus L. Dufour.

    De plus Bacelar (1932a), après avoir étudié des spécimens femelles qu'il considère être des Ischnocolus andalusiacus en provenance de Aguilas et de Carthagène constate une faible variation dans la chétotaxie avec la femelle de M. Ausserer (d'ailleurs cette femelle n'est pas de Ausserer mais de Koch). Une variation peut apparaître entre les membres gauches et droits d'un même individu. Cette variation supporte l'idée selon laquelle ce caractère doit être considéré avec beaucoup de prudence, d'autant qu'il m'a semblé que le nombre d'épines s'accroissait avec l'âge de l'individu. Les dessins joints des faces ventrales des tibias et métatarses des pattes III et IV illustrent cette variabilité.

    En conclusion Ischnocolus valentinus et Ischnocolus andalusiacus peuvent être considérés comme synonymes, de même que holosericeus et valentinus. On peut donc légitimement considérer que ces trois espèces sont synonymes. En toute rigueur l'espèce valentinus a la priorité car décrite une bonne cinquantaine d'année avant les deux autres. Toutefois le qualificatif me semble moins bien approprié que andalusiacus car l'aire de répartition de cette espèce déborde largement de la région de Valence comme nous allons le voir plus loin.

3 - REPARTITION :

    Les données sur le sujet sont pauvres. Léon Dufour rapporte sa « Mygale Valentienne » des lieux arides et déserts de Moxenta (aujourd'hui Mogente) en Espagne, sur les confins du royaume de Valence avec celui de Murcie.
    Eugène Simon quant à lui reste imprécis sur la provenance du mâle et de la femelle de son Avicularia andalusiaca, il cite simplement l'Andalousie.
    Anton Ausserer est encore plus vague puisqu'il attribue son espèce Ischnocolus holosericeus à l'Espagne.

    En 1910 Galiano dans sa « distribución geográfica de los arácnidos en España » reprend les données de Simon, Reimoser agit de même dans son « Katalog der echten Spinnen (Araneae) des Palaärktischen Gebietes ».

    En 1932, Bacelar pour qui Ischnocolus andalusiacus et I. holosericeus ne sont que des synonymes de Ischnocolus valentinus donne indistinctement les localités suivantes : Valencia, Cartagena (mâle 6180) et Malaga, Aquilas (Mâle n°1460 femelles n°1460, 1463) en Espagne. Aucun spécimen n'est rapporté du Portugal.

4 - BIOTOPE :

    J'ai trouvé des spécimens d'Ischnocolus sur deux sites distincts.

    Site 1 : Il est situé à flanc de montagne sur la rive du réservoir de La Concepción à environ une dizaine de kilomètres sur la route reliant Marbella à Istan. Ce site est situé à une altitude faible, comprise entre 100 et 200 mètres. Celui-ci est exposé à l'ouest et bénéficie d'un bon ensoleillement l'après-midi. Pour s'y rendre il faut quitter l'autoroute qui s'étire le long de la côte entre Malaga et Algesiras. Il faut alors prendre la direction d'Istan peu après la sortie de Marbella en direction de Gibraltar.
    La route devient rapidement une petite route de montagne. Le site 1 est situé en contrebas à une dizaine de kilomètres après avoir quitté l'autoroute.
    C'est un endroit escarpé recouvert d'une végétation méditerranéenne où dominent les buissons de Cistus, en fleur à cette époque de l'année et les chênes yeuses. A l'étage au dessus on trouve quelques conifères mais en dehors de quelques Scolopendra sp je n'ai rien trouvé. La couleur claire du sol trahit une origine calcaire. C'est à cet endroit que j'ai trouvé mes quatre premiers Ischnocolus. Ils se cachaient sous de grosses pierres, lesquelles étaient situées au milieu d'une clairière et exposées aux rayons tièdes de ce début du mois d'avril.
    Deux Ischnocolus étaient encore dissimulés sous un tube de soie mince et court. Il s'agissait très vraisemblablement de l'enveloppe de chambres.
    La capture n'est pas difficile, il suffit de présenter l'entrée sombre et sécurisante d'une boite. Ils s'y réfugient à la moindre sollicitation. Ces quatre Theraphosidae étaient encore immatures.
    Ce site est le site le plus occidental connu à ce jour.
    A noter que sous des pierres voisines j'ai trouvé de nombreux spécimens de Macrothele, la plus grosse araignée d'Europe. Ces derniers étaient en revanche enveloppés par des tubes de soie épais et longs.

    Site 2 : Il est situé à un peu plus de 10 kilomètres de Mijas en direction de Coín , peu après l'embranchement vers Alhaurin el Grande. L'endroit est couvert d'une végétation de type méditerranéen avec des buissons de cistes et des chênes yeuses éparses. Il est vallonné et beaucoup moins accidenté que le premier. Le sol est très rocailleux et a une dominante grise, il paraît moins calcaire. On trouve de nombreux pierriers au milieu d'une végétation basse buissonneuses.
    Mes recherches m'ont permis, en ce début du mois d'avril de débusquer plus d'une cinquantaine de spécimens d'Ischnocolus, depuis des juvéniles de l'année précédente jusqu'à des femelles et des mâles mâtures. Ces Theraphosidae se rencontraient sous de grosses pierres, lesquelles jouaient probablement le rôle de condensateur thermique. En cette saison les nuits sont fraîches et les journées souvent ensoleillées. Les pierres emmagasinent la chaleur pendant le jour et la restituent pendant la nuit. Ceci est conforté par le fait que les pierres qui abritent ces araignées sont plus grosses en terrain découvert que sous les arbres.

    Les Ischnocolus sont beaucoup plus nombreux dans le terreau sous les chênes que dans le sol desséché en terrain découvert. Le sol meuble à l'ombre des arbres permet d'une part de creuser plus facilement et d'autre part de bénéficier d'une humidité plus importante. En outre les proies y sont vraisemblablement plus nombreuses. Ceci explique donc pourquoi les densités de mygales peuvent y être importantes. Typiquement l'ombre d'un chêne peut abriter jusqu'à 5 Ischnocolus.

    L'espèce est opportuniste et ne semble pas adopter de schéma préétabli pour son abri. Parfois la chambre se situe directement sous la pierre et ne se poursuit pas par un terrier, d'autres fois la chambre se prolonge dans le sol par un terrier tapissé d'une toile très légère et enfin dans d'autres cas la chambre communique avec l'extérieur par un tube de soie légèrement enfoui et qui courre le long de la pierre. Le terrier lorsqu'il existait mesurait une bonne vingtaine de centimètre de long.

    Les pierriers abritent également des Ischnocolus assez nombreux. L'humidité y est plus importante que sous les grosses pierres isolées.

    En résumé le biotope préféré de notre mygale ibérique est de type méditerranéen, il comporte des buissons de plantes basses comme les cistes et des feuillus, comme le chêne yeuse et peut être aussi le chêne liège. Je n'en ai pas trouvé sous des conifères et je n'imagine pas en trouver tant les insectes et autres arthropodes y sont rares. Sans doute le biotope de notre araignée n'excède probablement pas une altitude de 200 mètres. Aucun des sites de collecte connus ne dépasse cette altitude. Ce qui le confine dans une frange littorale dont il ne saurait s'écarter. En effet le sud de l'Espagne est parcouru suivant une direction Est-Ouest par les sierra de Ronda, de Tejeda et de la Sierra Madre. Les températures hivernales m'y paraissent rédhibitoires pour ces araignées. La frange méditerranéenne méridionale est, elle, relativement préservée des entrées d'air froid en provenance de la Meseta.

    Les températures journalières moyennes de Malaga, la grande ville la plus proche sont indiquées ci-dessous :

Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juil Aout Sep Oct Nov Déc

16

8

17

8

19

10

21

11

24

14

28

17

30

20

30

20

28

18

24

15

20

12

17

9

  0-20 mm de précipitations   20-50 mm de précipitations   50-100 mm de précipitations

    Aucun site de collecte ne se situe à l'ouest de Gibraltar et on peut penser que le climat plus humide de la côte atlantique convient moins bien à cette espèce.

    Ischnocolus est une espèce abondante localement, toutefois les biotopes qui lui conviennent sont plutôt rares. Il est de même de Macrothele calpetana que l'on rencontre dans la même région.

    Ischnocolus partage son biotope avec de nombreuses lycoses. Parfois on trouve également une Macrothele, mais je n'en ai pas trouvé dans le site 2. Entre autres arachnides on trouve de gros Buthus occitanus. Les grosses pierres abritent de très gros scolopendres, Scolopendra sp dont la morsure est réputée douloureuse ainsi que de nombreux iules. Le sol de cette garrigue est creusé de très nombreuses fourmilières. La faune reptilienne est également très riche. Il m'a été donné de pouvoir apercevoir de nombreux lézards : des scinques Chalcides chalcides, des geckos Hemidactylus sp et des lézards typiques Psammodromus. Le sol meuble sous les arbres est le territoire d'un amphisbène, Blanus cinereus, unique représentant de son ordre en Europe. Si on peut penser que notre Theraphosidae figure au menu des lézards, il est en revanche peu probable qu'il figure à celui de Blanus cinereus qui possède une bouche trop petite.

5 - HISTOIRE NATURELLE :

    En ce début du mois d'avril (le 8) les températures extérieures étaient encore basses, de 12-13°C la nuit à 18-22°C au plus fort de la journée. Malgré cela les Ischnocolus étaient actifs et l'abdomen bien plein des femelles et sub-adultes témoignaient d'une reprise d'activité depuis un certain temps déjà. Des mâles mâtures avaient survécu à l'hiver ou venaient d'effectuer leur mue de maturité. On peut penser que les naissances interviennent pendant les mois de juin et juillet. En captivité un couple accouplé fin avril début mai a donné environ 25 jeunes mygalons au début du mois de juillet. On peut noter qu'à cette époque les accouplements se sont déroulé sans pertes chez les mâles. Les résultats des accouplements ont été médiocres puisque sur 4 accouplements effectués seule une femelle a tissé un cocon. A la fin du mois de septembre j'ai tenté d'accoupler quatre femelles avec quatre mâles, trois de ces mâles ont connu à cette occasion une fin précoce. Le quatrième mâle a cohabité pendant plusieurs semaines avec la femelle en l'évitant autant que faire se peut. On peut donc légitimement penser que la saison revêt une importance non négligeable sur le déroulement des accouplements.

    Des pattes manquaient chez de nombreux Ischnocolus que j'ai collectés dans la nature. Les mues difficiles ne sont donc pas uniquement liées à des conditions de captivité mal adaptées. Il est vrai que les conditions climatiques sont excessivement variables en cette période de l'année en Espagne.

CONCLUSIONS :

    Ischnocolus valentinus (ou andalusiacus) est une mygale originale provenant d'une région située à moins d'une journée de voiture de nos contrées. Il n'est donc pas nécessaire de se frayer un chemin dans la jungle amazonienne ou africaine pour trouver des Theraphosidae. Ischnocolus, s'il n'a pas la taille impressionnante de ses cousins sud-américains présente quelques caractéristiques intéressantes qui en font un remarquable sujet d'observation.
    Outre qu'il est le seul membre de la famille des Theraphosidae sur le continent européen, notre représentant de la sous-famille des Ischnocolinae est une araignée qui n'est absolument pas agressive envers l'homme, elle ne présente pas de poils urticants et déborde d'activité. Son extrême vivacité nécessite des précautions particulières lorsqu'on la dérange, faute de quoi elle aura tôt fait de s'échapper.
    Enfin il s'agit d'une espèce peu exigeante pour son maintien en captivité. Les asticots et les fifises (nom commercial de la larve de la mouche Ophyra sp) conviennent à notre araignée. Elle ne dédaignera pas non plus un jeune grillon.
    Le substrat pourra être constitué de terreau légèrement humide. Quant aux températures, elles n'ont pas besoin d'être très élevées. Une vingtaine de degrés est largement suffisant. De plus elle peut supporter des écarts importants dans l'hygrométrie et la température, toutefois ne pas prolonger un séjour sur substrat complètement sec. Fournir un abreuvoir n'est pas indispensable. La taille du terrarium doit être adaptée à la petite taille de l'araignée qui mesure en moyenne 20 mm pour une femelle adulte.

BIBLIOGRAPHIE :

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    • Bacelar A. 1932a, Inventario das Aranhas migalomorfas da Peninsula Ibérica. Asociación Española para el progreso de las ciencias. Lisboa. Sección IV, ciencias naturales pp22-23.
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    • Reimoser E. 1919, Katalog der echten Spinnen (Araneae) des Palaärktischen Gebietes. Abh. Zool. bot. Ges. Wien, 10 (2), p234.
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    • Simon E. 1892, Histoire Naturelle des Araignées. Tome 1, fascicule 1. Paris, pp132-136.
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    • Walckenaer C.A. 1837, Histoire naturelle des Insectes Aptères. Tome I. Paris, 1837, p228.

Description originale d'Avicularia andalusiaca Simon 1873

    Mâle Céph.: long. 7 mm, larg. 5 ½ - pte mre 11 ½ - 1o p. 19 ½ - 2o p. 17 - 3o p. 17 - 4o p. 21 ½ .
    Le céphalothorax est ovale, sensiblement rétréci en avant à partir de la seconde paire de pattes ; Le bord postérieur est tronqué et présente au-dessus du pédicule une très faible échancrure carrée ; Il n'est pas rebordé ; La tête et le thorax sont de niveau, leur surface est également plane; un peu avant le tiers postérieur, on voit une fossette médiane peu sensible; de stries et d'impressions il n'y a pas trace.
    Le tégument noir ou brun-rouge est couvert de poils soyeux, feutrés, blanchâtres.
    Le groupe oculaire est deux fois plus large que long et peu séparé du bord frontal : les deux yeux médians sont ronds et séparés par un espace un peu moindre que leur diamètre ; les latéraux antérieurs ne sont pas plus gros que les médians, ils sont un peu plus avancés, ovales et obliques, ils sont plus séparés des latéraux postérieurs que des médians antérieurs auxquels ils touchent presque ; les médians postérieurs sont petits, arrondis ou un peu allongés, ils laissent entre eux un large espace, car ils sont en dehors des médians antérieurs dont ils sont à peine séparés ; les latéraux, très rapprochés des médians postérieurs sont de même taille, mais ils sont ovales et obliques. Les chélicères sont longues, mais étroites; à leur base elles sont à peine deux fois aussi larges que le mamelon oculaire, elles sont revêtues de poils fauves et garnies de crins noirs, surtout du côté interne.
    La pièce antérieure du sternum ou labiale est petite, transversale, son bord antérieur est très légèrement échancré.
    La pièce principale ou plastron est plate, sans impressions; c'est un carré long, à peine rétréci et tronqué en avant; ses bords sont un peu échancrés pour entourer la base des hanches; elle est fauve-rouge avec des poils assez longs.
    L'abdomen, ovale et allongé, est en dessus d'un fauve obscur, il est orné d'une ligne longitudinale noirâtre et de chaque côté d'une série de traits noirs obliques dont on compte cinq paires; cet abdomen est couvert de longs poils fauves, qui cachent complètement ces dessins; son bord antérieur est en outre parsemé de petits crins raides.
    Les filières sont blanches, leurs trois articles sont presque égaux. Les pattes-mâchoires sont longues, les hanches ne sont pas dilatées, les crins de leur bord interne sont rouges; le tibia, beaucoup plus long que la patella, est sensiblement élargi, il est hérissé en dessous de longs crins qui laissent entre eux un petit canal glabre où se replie le crochet génital; le tarse est court et plus étroit que la jambe; le bulbe, articulé à sa base, est un petit globule rouge un peu déprimé, la pointe qui le prolonge est trés grèle et aigüe, elle est deux fois plus longue que lui et un peu arquée en dehors.
    Les pattes sont d'un brun rougeâtre, elles sont couvertes d'une pubescence blanchâtre serrée et de poils plus longs bruns disposés en lignes longitudinales peu régulières; des épines trés fortes, mais irrégulières, se remarquent sous les jambes des deux premières pattes; sous les jambes et les métatarses des deux paires postérieures.

    Femelle. Céph.: long. 8 mm, larg. 6 1/2 mm.- 1o p. 19 ½ - 2o p. 16 1/2 - 3o p. 18 - 4o p. 23 ½ .
    Le céphalothorax est le même que chez le mâle, la troncature postérieure est peu sensible, la fossette médiane parait un peu plus avancée.
    Les yeux latéraux antérieurs sont relativement plus gros et plus inclinés, ils touchent presque par la pointe les latéraux postérieurs, tandis qu'ils sont bien séparés des médians; les yeux postérieurs sont un peu plus séparés entre eux: les médians sont ovales et au moins aussi gros que les latéraux.
    Les chélicères sont plus épaisses et surtout plus longues.
    L'abdomen est allongé; les filières sont moins grèles et un peu moins longues; les taches latérales inclinées et très larges sont presque des bandes.
    Les pattes sont un peu plus courtes, les épines manquent comme chez le mâle aux tarses des deux premières paires où elles sont remplacées par des brosses adhérentes ou scopula; elles existent sur les jambes et sur les métatarses postérieurs.
    La patte-mâchoire est robuste, le tibia est un peu plus long que la patella, son extrémité est armée d'un cercle d'épines; le tarse est plus court que cet article.
    L'abdomen est blanchâtre, la bande médiane est remplacée par une série de cinq tachettes noires, les traits latéraux sont très fins, linéaires.
    Habite l'Andalousie; on la trouve sous les pierres sur les collines arides.
    Cette espèce ainsi que les deux suivantes rentrent dans le nouveau genre Ischnocolus de M. Ausserer; il serait même bon de la comparer avec les Isch. triangulifer Dol. et Holosericeus L. Koch, mais le mémoire de M. Ausserer m'est parvenu trop tard pour cela.

Description de la Mygale valencienne

    Mygale (Valentina), fusco-nigra unicolor ; mandibulis rastello subdestitutis ; tarsis quatuor anticis omnino inermibus, subtus spongiosis, posteriorum articulo primo spinifero ; unguibus serrato-quadridentatis.
    Hab. in Regni Valentini ericetis. Long. 10 lin.*

    C'est une des plus robustes araignées d'Europe. Je ne connais que le mâle. Il a dix lignes de longueur et je présume que la femelle est plus grande. Tout le corps est velu d'un brun noirâtre uniforme.
    Corselet plus ou moins dénué de villosité suivant l'âge de l'individu et les frottements qu'il a éprouvés, marqué vers son centre d'une fossette d'où partent de chaque côté trois lignes rayonnantes légèrement enfoncées.
    Mandibules beaucoup plus fortes que dans les autres espèces européennes, dépourvues de râteau proprement dit, offrant cependant à une forte loupe, près de leur extrémité interne, deux ou trois petites épines, cachées par les poils. La rainure qui sert à la rétraction du crochet est armée d'une double série de sept à huit dents, dont celles du bord interne sont plus grandes et seules bien distinctes, tandis que celles du bord externe sont très petites et cachées par les longues soies roussâtres dont il est garni. Crochet robuste.
    Abdomen ovoïde, velu, feutré.
    Poumons marqués par quatre taches jaunâtres, assez grandes.
    Une paire de filières saillantes, mais d'une médiocre longueur.
    Pattes robustes, les cuisses surtout. Tarses des deux paires antérieures, dépourvus de piquants, mais garnis en-dessous d'une brosse à duvet court, fin et serré. Le premier article des autres paires offre, de même que les jambes de toutes, des piquants noirs, très distincts des poils, mobiles sur leur base et plus ou moins couchés en avant. Griffes presque cachées par le duvet qui revêt le tarse, dépourvues d'ergot à leur base. Chaque crochet est armé d'une double rangée de dents séparées par une gouttière. Du côté externe, il n'y en a que quatre bien reconnaissables à la loupe. Le côté interne offre un nombre double de dentelures d'une extrême brièveté, sensibles seulement au microscope et se continuant en autant de cannelures sur le corps même de la griffe. Cette exploration microscopique est des plus difficiles.
    Le bouton génital qui termine les palpes est brun, très glabre, luisant, renflé à la base en une ampoule arrondie et terminée par un bec acéré dont la longueur n'égale pas la moitié de celle du pénultième article du palpe. Ce bouton inséré par une articulation ginglimoïdale est habituellement dirigé d'avant en arrière.

    Dans le mois d'août 1813, je découvris cette Mygale dans les lieux arides et déserts de Moxenta en Espagne, sur les confins du royaume de Valence avec celui de Murcie. Elle se distingue surtout de la M. Calpéienne de Walckenaer et Latreille par ses filières beaucoup plus courtes, simplement très articulées, par le bouton génital infiniment moins prolongé, et par l'absence de deux éminences carrées au-dessus des organes de la respiration.
    * 10 lignes = 22.5 mm

Description d'Ischnocolus holosericeus L. Koch 1871

    Cephalothorax länglich oval ; Verhältniss der Länge zur Breite = 4 : 3, schön gerundet ; mit wenig erhöhtem etwas schmalem Kopfe. Rückengrube seicht.
    Augen auf schwach erhöhtem Hügel, ziemlich nahe stehend.
    Vordere Mittelaugen rund (alle übrigen oval) von einander kaum um ihren Durchmesser und um ihren Radius von den vordern Seitenaugen entfernt, so tief stehend, dass eine Gerade von ihrer Basis zu den Seitenaugen gezogen, dieselben in ihrem untern Drittel durchschneiden würde. Sie sind die grössten. Hintere Mittelaugen ziemlich fiach, nur wenig kleiner als die hintern Seitenaugen, von ihnen etwa um 1/3 ihrer Breite, von den vordern Mittelaugen um ihre halbe Breite und doppelt so weit von den vordern Seitenaugen entfernt.
    Füsse 4, 1, 2, 3 ; das vierte Paar fast um seinen Metatarsus länger als das erste.
    Bestachelung : Tibia I unten 1, 1, 2. – Metatarsus I unten 1, 1. – Tibia II unten 1, 1, 2. – Metatarsus II unten 1, 1. – Tibia III unten 1, 1, 2, vorn 2 Reihen zu 1, 1, 1, hinten 1, 1. – Metatarsus III unten 1, 1, 1, vorn 2, 2, 2, hinten 2, 2, 2. – Bestachelung des 4. Paares wie die des dritten. – Obere Spinnwarzen etwas länger als Tarsus IV. – Klauen zahnlos, hinter den Haarbüscheln versteckt.
    Der ganze Leib, besonders die Oberseite mit anliegenden schmutzig gelblichen Seidenhaaren dicht bekleidet, die braune Chitinhaut nur an abgeriebenen Stellen sichtbar.
    Auf dem Abdomen, besonders in der hintern Hälfte dunkle Schiefflecken, nach vorn sind dieselben sehr undeutlich und ist dort nur ein dunkles Längsband in der Mitte bemerkbar.
    Länge des Cephalothorax ohne Mandibeln 7mm, mit Mandibeln 9mm. Länge des ganzen Thieres 19mm. Wahrscheinlich ein junges Thier.
    Diese Art steht in naher Verwandtschaft zu I. valentinus Duf., unterscheidet sich jedoch durch Bestachelung von Metatarsus I und die Schiefflecken des Abdomens.
    Spanien. Sammlung des Herrn Dr. L. Koch.


    Traduit comme suit :

    Céphalothorax ovale oblong ; rapport de la longueur sur la largeur = 4 : 3, magnifiquement arrondi ; avec une partie céphalique peu élevée plutôt étroite.
    Fovéa peu profonde.
    Yeux sur un tumulus faiblement élevé, plutôt rapprochés. Yeux médians antérieurs ronds (les autres ovales), séparés l'un de l'autre par à peine la valeur de leur diamètre et des latéraux antérieurs par environ leur rayon, situés tellement en profondeur qu'une droite issue de leur base vers les latéraux couperaient ces derniers dans leur tiers inférieur. Ce sont les plus gros. Yeux médians postérieurs plutôt peu profonds, seulement légèrement plus petits que les yeux latéraux postérieurs, séparés d'eux par environ 1/3 de leur largeur, des médians antérieurs par environ la moitié de leur largeur et du double des latéraux antérieurs.
    Pattes 4, 1, 2, 3 ; la quatrième paire plus longue que la première de près de la valeur de son métatarse.
    Chétotaxie : tibia I en dessous 1, 1, 2. – Métatarse I en dessous 1, 1. – Tibia II en dessous 1, 1, 2. – Métatarse II en dessous 1, 1. Tibia III en dessous 1, 1, 2, à l'avant 2 rangées de 1, 1, 1, derrière 1, 1. – Métatarse III en dessous 1, 1, 1, à l'avant 2, 2, 2, derrière 2, 2, 2. – Chétotaxie de la 4ème paire comme celle de la troisième.
    Filières supérieures légèrement plus longues que le tarse IV. – Griffes sans dents, dissimulés derrière des fascicules ungueaux.
    Le corps tout entier, en particulier le dessus densément revêtu de poils soyeux couchés de couleur jaunâtre sale, la chitine marron du tégument n'est visible qu'aux endroits dénudés.
    Sur l'abdomen, en particulier dans la moitié postérieure on trouve des taches obliques plus foncées, à l'avant également mais indistinctes, seule une bande longitudinale foncée est distincte au milieu.
    Longueur du céphalothorax sans les mandibules 7 mm, avec les mandibules 9 mm.
    Longueur totale du corps 19 mm. Probablement un animal jeune.

    Cette espèce est très apparentée à I. valentinus Dufour, en diffère cependant par les taches obliques de l'abdomen et la chétotaxie du métatarse I Espagne.

    Collection du Dr. L. Koch.


©G.E.A. 2010
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